Sanctuaire de l’Enfant-Jésus de Beaune

lundi 4 janvier 2016


Pèlerinages auprès de l’Enfant Jésus, le petit Roi de Grâce
Sanctuaire de l’Enfant-Jésus de Beaune
En groupe ou individuellement, toute l’année
« Des Grâces merveilleuses s’opèrent à ses pieds »



« Jésus dit à la Vénérable sœur Marguerite du Saint Sacrement :

« … Quelles grâces ne communiquerai-je pas à l’épouse de mon Enfance ? Elle me sera chère à jamais. Je ne refuserai rien à ses prières. Demande, et il te sera accordé, afin que ta joie soit remplie. »

Alors demandons-lui son intercession ».

Beaune, une terre sacrée

Qu’est-ce qu’une terre sainte ?

« La terre sainte d’Israël par excellence, c’est un lieu visité par Dieu d’une manière particulière. Un lieu marqué par le passage de Dieu ou s’imprime dans la géographie la marque de sa présence. C’est un lieu aussi où Dieu appelle. Il appelle par notre nom et donc révèle notre identité et nous révèle notre mission. Il appelle Moïse pour lui donner mission de libérer son peuple d’Egypte. Toute terre sainte permet d’écouter un appel et d’être envoyé en mission, car Dieu, n’a de cesse d’écouter le cri des pauvres et des captifs et de les libérer. La terre sainte, lieu de libération devient aussi un lieu de connaissance du cœur de Dieu en vérité et cela fait de nous des amis de Dieu.

Beaune terre sacrée de France. Quel est le plan de Dieu sur Beaune et comment l’a-t-Il marqué de son sceau ? Géographiquement, Beaune est une plaque tournante pour les routes et donc plaque tournante pour le passage des Saints, les armées, les guerres, les épidémies, les touristes et les futurs pèlerins. Nous devinons une histoire extrêmement riche dont nous sommes les acteurs aujourd’hui.

Il y a un fil rouge historique à suivre qui va forger la sainteté de cette terre ».

Une première période

« L’implantation de la chrétienté en terre païenne du IIIe siècle au Xe siècle.
De cette première période, l’implantation de la chrétienté se fait dans un climat de piété populaire tournée vers les Saints.

Saint Bénigne sera le premier évangélisateur, Saint Etienne le martyr, celui avec qui les premiers chrétiens vont se placer sous son intercession, Saint Martin de Tour qui viendra y prêcher et faire de miracles, Saint Baudel, Saint Flocel, Saint Hernée. Ce sont les saints que l’on prie, qu’on vénère et dont on garde précieusement les reliques. Les saints qui sont les modèles pour persévérer dans les persécutions et qui sont des modèles de vie dans les difficultés. On n’a pas encore de piété mariale populaire. Marie c’est la mère de Dieu, la Théotokos, encore trop grande et parfaite pour la foi populaire. Mais Marie va se faire connaître. L’Esprit Saint qui veut conduire son église veut révéler progressivement le secret de Marie et le plan du Père.

Deuxième grande période

L’implantation de la piété mariale à Beaune.

Il y a 2 grands évènements qui vont le permettre. Le premier, du concile d’Ephèse de 431 à la réforme grégorienne 1050, dont l’évènement fondamental est le développement des fêtes liturgiques de Marie. Ces fêtes liturgiques issues des bases dogmatiques seront le lieu vivifiant de la réflexion théologique et susciteront ainsi le premier avènement d’une littérature proprement mariale. C’est en orient surtout que tout commence.

Insensiblement, on célèbre Marie. Elle entre dans la liturgie comme en satellite du mystère de l’incarnation. Puis à la fin du VIIe siècle, commence une éclosion de fêtes particulières où le mystère de Marie est mis dans un relief plus personnel. L’Annonciation du Seigneur devient l’Annonciation de Marie, la présentation de Jésus au temple est associée à la purification de Marie.

On célèbre la nativité de Marie, sa présentation au temple le 21 novembre, sa dormition le 15 août. On voit toute l’importance des fêtes liturgiques pour l’accueil de la vérité révélée pour la foi populaire et pour la tradition cultuelle qui permettra une vraie transmission de la foi. Dès lors qu’on célèbre une fête, il faut élaborer des formules de prières et prêcher chaque année sur son objet. La pensée théologique en reçoit une stimulation considérable. L’intelligence s’exercera non pas dans l’abstraction, mais au cœur d’une célébration communautaire, dans la vie des fidèles, la célébration communautaire qui fait appel à toutes les générations et qui créé un évènement populaire et fondamental pour la transmission de la foi.

Le 2e grand évènement marial aura lieu de la réforme grégorienne de 1050 au concile de trente 1563. Après l’introduction des faits, un changement de perspective du rôle de Marie va s’opérer. Ce sera alors l’explosion des chapelles mariales.
Fin du 11e siècle, la théologie mariale élargit son horizon et prend une proportion considérable. Auparavant on se bornait à considérer Marie dans le mystère de l’enfance du Christ en défendant la maternité divine. On défendait la divinité du Christ contre les hérésies. Son rôle au sacrifice du calvaire et dans la vie actuelle de l’église restée dans l’ombre. Ces limites vont éclater.

A partir du 12e siècle la présence de Marie au Golgotha capte l’attention et révèle des richesses jusque-là inaperçues. On découvre sa compassion, son union active à l’oblation de son fils. On saisit la portée de la parole du Christ mourant : « voici ta mère ». Marie est ma mère et Marie intercède pour moi aujourd’hui dans ma vie. Voilà ce que les fidèles vont saisir. Ils vont prendre la main de Marie pour qu’elle les accompagne dans les drames de leur vie car l’histoire est envahie de drames, guerres, peste, famine,Invasions barbares, croisades, guerre de 100 ans, guerre contre Charles Quint, guerre de religion.

Alors on invoque Marie plus que jamais.

Il n’est pas un seul des cantons de l’arrondissement de Beaune qui ne renferme un témoignage de dévotion à Marie. C’est Notre Dame de la piété à Volnay, Notre Dame de Serrigny, Notre Dame d’Auxonne, Notre Dame de Lantenay, Notre Dame de l’étang, Notre Dame de l’espérance.

C’est cette multitude de chapelles qui va créer des points de chrétienté, des ancrages pour la foi. Chacune de ces chapelles a sa tradition, ses fêtes, ses processions, pour implorer Marie ou lui rendre grâce pour les exaucements. Ces fêtes et ces évènements drainent massivement le peuple qui célèbre et fait l’expérience de Dieu par l’intercession de Marie.

C’est Notre Dame de Cîteaux et Notre Dame de Beaune qui seront les moteurs spirituels pour toute la région. Cîteaux va être un lieu choisi par la Vierge Marie. L’histoire commence avec la mère de Robert de Molesme qui a un songe alors qu’elle est enceinte. Marie lui dit : « avec cet anneau, je me fiancerai avec le fils que vous portez dans votre sein ». Plus tard Robert de Molesme avec 20 compagnons cherchant un nouveau lieu de fondation entendit : « Arrête-toi ici » et c’est Cîteaux.
Fin du12ème siècle, il y plus de 6000 monastères. Le pape Grégoire X disait qu’à la droite de l’épouse du Christ est assis l’ordre de Cîteaux attaché à la Sainte Vierge. Puis Saint Bernard par sa sainteté et ses sermons sur Marie va alimenter la foi des fidèles et les faire entrer dans une haute contemplation sur la personne de Marie. C’est dans cette période aussi que l’on construit Notre Dame de Beaune. De 976 jusqu’à son achèvement en 1226 près de 3 siècles s’écouleront. Ces 3 siècles qui vont concentrer toute l’attention des populations, riches et pauvres dans des efforts laborieux, communs pour sa construction au service de Dieu et de la Vierge Marie. Une Vierge noire sera présentée à la dévotion.

En 1290 alors que Notre Dame est à peine terminée Pierre de Marcilly doyen du chapitre de la Collégiale a consigné 24 miracles en moins de 15 jours d’intervalles qui ont eue lieu à la collégiale à peine achevée. C’est dire tous les exaucements que Marie accomplissait envers les beaunois et tous ceux qui invoquaient son intercession. Plus il y a de catastrophes et de malheurs, plus on a recours à Marie et plus on l’honore. Les processions et les pèlerinages sont les principaux modes de prières communautaires où tout le peuple s’unit et se rassemble pour demander des grâces et les exhaussements sont patents. Mais Marie conduit aussi à la charité envers les pauvres. Le 4 août 1443 Nicolas Rollin en conclusion d’une carrière politique qui n’a pas toujours été fondée sur l’inspiration de Dieu et comme en réparation de ses erreurs dira : « dans l’intérêt de mon salut, je fonde l’hôpital pour les pauvres et les malades ». Beaune devient alors ville d’accueil des pauvres et de ceux qui souffrent.

Liturgie sacrée et charité sont désormais les 2 poumons où le souffle de l’Esprit s’engouffre pour transformer la misère de ce monde. Beaune devient peu à peu cette terre sacrée.

L’implantation d’ordres religieux va authentifier le choix de Dieu sur cette terre.
En 1540, François 1er demande que les armoiries de la ville portent la Vierge Marie avec l’Enfant Jésus sur son bras gauche et tenant de la main droite une branche de vigne avec raisin. Comme devise « causa nostra laetitia » cause de notre joie. La ville officiellement est reconnue comme vassale de la Vierge et de l’Enfant. Marie notre souveraine et l’Enfant Jésus notre roi.

De 1561 à 1598, ce sont les périodes de guerre de religion qui font des ravages.

Troisième période

A la fin de 16e siècle arrive la 3e période qui est la période centrale pour Beaune ; elle est le fruit de cette vraie dévotion mariale qui a préparé le terrain. Marie prépare le terrain des grandes grâces. Beaune est alors pétrie par la charité envers les pauvres malades et les illettrés et de la sainte liturgie en l’honneur de Dieu. A tel point qu’il y a de couvents qu’on ne veut plus que s’installe le couvent des carmélites en 1619. Il aura bien du mal à s’y installer et l’évêque d’Autun demandera plus tardivement qu’on diminue le nombre de processions à Beaune.

En fait, la dévotion mariale, les œuvres de charité, les couvents où se vit une liturgie continue prépare la venue d’un cœur pur afin que le Père puisse y déposer son projet. Tout comme la terre d’Israël a été la terre promise, pour que le peuple élu soit le dépositaire de la jeune fille qui allait porter le Sauveur en son sein. Car la naissance de la vénérable Marguerite du Saint Sacrement en 1619 est aussi la naissance d’un projet du ciel, dans une âme pure, innocente et simple.

Le 23 septembre 1630, sa mère meurt. Sur le champ la petite Marguerite Parigot court se réfugier auprès de la Sainte Vierge et lui demande d’être sa maman. Son père et son oncle la conduisent après les obsèques de sa mère au carmel. C’est alors que l’Enfant Jésus se révèle à son cœur. Bientôt il lui révèle aussi sa mission. Faire connaître au monde les trésors de la divine enfance du Sauveur et sa douloureuse passion. Voici comment. En 1636, Marguerite a 17 ans. La peste, les guerres reprennent. L’Enfant Jésus donne à Marguerite les moyens de sa mission. Fonder une famille qui honore son enfance. Ce sera le remède pour arrêter l’armée ennemie. « Puise dans les trésors de mon enfance et rien ne te sera refusé ». Le 24 mars 1636, elle fonde la famille du Saint Enfant Jésus. Cette dévotion se répand très rapidement, à cause des souffrances du peuple et des dangers émanant des guerres qui ravagent la Bourgogne et les grâces effectivement sont obtenues.

Dès 1636, l’Enfant Jésus demande à Marguerite de prier pour l’obtention d’un dauphin pour la France. « C’est par ma sainte Enfance que la France obtiendra un dauphin ». Or la main de Dieu est sur la famille royale. Louis XIII décide de consacrer la France à Marie pour obtenir une paix stable dans le royaume. Avant même de savoir que la reine est enceinte, la Vierge Marie et l’Enfant Jésus ont dépassé leur attente.
Le 10 février 1638, le roi Louis XIII proclame sa confiance ainsi que celle de tout son royaume à Marie, formule un vœu de consécration de lui-même, de sa famille, de la France, à Notre Dame de l’Assomption. « Tant de grâces si évidentes, font que nous avons cru être obligés de nous consacrer à la grandeur de Dieu, par son fils rabaissé jusqu’à nous, et à ce fils par sa mère élevé jusqu’à Lui, en la protection de laquelle, nous mettons particulièrement, notre personne, notre état, notre couronne et tous nos sujets ». La fête de l’Assomption le 15 août est officiellement depuis le vœu de Louis XIII, une fête nationale française. Pour nous beaunois, nous voyons comment Marie et l’Enfant Jésus, lient le sort de la France à Beaune.

Consécration à Marie et puissance de la Sainte Enfance pour obtenir la paix et la naissance du dauphin. Il fallait aussi la docile obéissance de cœurs humbles et attentifs à la voix de Dieu. Louis XIII et la petite Marguerite du Saint Sacrement. Le 5 septembre 1638 Anne d’Autriche accouche d’un garçon que l’on prénomme Louis Dieudonné et qui deviendra Louis XIV. Or le 25 décembre 1638, l’Enfant Jésus à Beaune fait une nouvelle demande à Marguerite. Il lui apparaît en une forme différente, debout mais emmailloté jusqu’au bras, couronné, un sceptre à la main. Il désire une chapelle où il soit honoré comme le Petit Roi de Grâce, de gloire. Alors que le roi Louis XIV sera le roi soleil et vivra dans un palais à Versailles, L’Enfant Jésus proclame qu’il veut régner sur les cœurs et veut une modeste petite chapelle où il désire être honoré ici à Beaune. « Ma royauté n’est pas de ce monde ». Mais il est le roi et il veut régner. Il choisit un lieu où il manifeste sa régence.

Beaune devient dès lors plus que jamais terre sacrée et sainte, pour que s’y réalise le plan de Dieu et il y aura un jeu tout particulier entre l’Enfant et sa mère. Voilà le cœur de l’histoire de Beaune et de sa mission.

Les couvents se multiplient pour soulager les pauvres et les affligés.

12 communautés religieuses seront recensées en ce milieu du 17è siècle. Vie d’union à Dieu, charité envers les malades, enseignements pour vaincre l’ignorance, prières pour défendre la France. C’est la réponse du ciel face aux maux du siècle.

Quatrième époque

S’ouvre une 4e époque, les crises, l’enfouissement, l’acharnement à détruire l’ordre de Dieu.

1789/1793 la révolution française et les destructions des chapelles, l’interdiction du culte.
Il y a le siècle des lumières, l’athéisme, le communisme, les grandes guerres qui font que la foi s’érode. Quand il viendra le fils de l’homme, trouvera-t-il encore la foi sur terre ? Mais il y a aussi des réveils qui lient la Vierge Marie et l’Enfant.

1873 l’Abbé Chocarne réalisant son 2e pèlerinage national à Lourdes à Notre Saint Mère et en priant devant la grotte à Lourdes, est abordé par un pèlerin qui lui présente une image du Saint Enfant Jésus, qu’il ne connaissait pas encore.

De retour à Beaune avec Mme Maurice de Blic, il décide de remettre le culte du Petit Roi, publique. C’est encore la mère qui fait découvrir l’Enfant.

A Beaune aussi il y a la libération le 8 septembre 1944, Marie donne le signe qu’elle est la Reine de la ville et qu’elle l’a protégée et l’a libérée. C’est pourquoi le 25 mai 1947, sous la houlette de l’archi prêtre Pimet, on érige sur la montagne de Beaune, une statue en l’honneur de Notre Dame pour la remercier de sa protection.

Cinquième période

Vivons-nous une 5e période ? De 2001 à 2012, le Petit Roi de Grâce sort de sa clôture. Il veut se rendre visible, il est confié à la Paroisse de Beaune par les carmélites. Il veut être honoré par l’érection d’un sanctuaire. Aujourd’hui avec vous, Notre Dame, le Petit Roi de Grâce peuvent réaliser leur plan d’amour. En fait, les portes du ciel s’ouvrent à chaque fois que des cœurs acceptent l’action de l’Esprit Saint en eux. On assiste alors à de véritables réveils de la foi. Le fil rouge de Beaune c’est Marie et l’Enfant. Ils veulent nous aider à traverser toutes les tempêtes de l’histoire de l’humanité. Ils veulent que nous soyons des serviteurs de leur plan d’amour pour nos frères et pour transformer nos sociétés. Saurons-nous y croire et être ses serviteurs, ses domestiques, ses esclaves de Marie qui portons et donnons l’Enfant Sauveur au monde ?

Beaune fait bien partie de ses lieux sacrés qui incarnent la foi et où le ciel fait irruption dans le temporel. C’est notre monde. Les lieux où la foi populaire peut s’exprimer pour dialoguer avec le créateur et ses saints qui intercèdent pour nous. Autrement dit des lieux de miséricorde et de compassion qui nous permettent de réaliser de vraies conversions, des rencontres transformantes et authentiques des âmes avec Dieu. Ces lieux sont fondamentaux pour la visibilité et la transmission de la foi. La foi qui s’exprimera dans une tradition familiale reconstruite, dans une expression liturgique communautaire où nous implorerons ensemble le ciel. Il nous faut retrouver le sens des célébrations liturgiques en église, le sens du sacré et de la fête en famille pour une église vivante de demain. Il nous faut aussi renouer avec la richesse de notre tradition chrétienne.

France qu’as-tu fait de ton baptême ?

Beaune qu’as-tu fait des trésors que le ciel t’a confiés ? Oui Beaune, buisson ardent où la voix du Seigneur s’est fait entendre. Il nous appelle encore aujourd’hui, il a une mission à nous confier pour libérer ce monde de ses ténèbres et nous faire entrer dans l’autre monde, celui de la lumière. »

(Cet article est issu de notes prises lors d’un enseignement de Sr Marie Astrid - Neuvaine 2012)

L’Autre Monde et les Trois clés

‘’ Il existe dans l’ancien carmel de Beaune une statue de la Vierge portant son enfant. Ce qui peut se rencontrer partout… Mais l’Enfant-Jésus de cette statue, tient conjointement avec sa Mère, une chaînette où sont suspendues trois petites clés avec, chacune, une inscription en latin, différente ;

* Jesus regnat

* Maria goubernat

* Joseph administrat

Il y a là tout un symbole, voulu dès l’origine par l’une des premières prieures de ce carmel. De fait, remettre ses clés à quelqu’un, c’est lui faire totalement confiance, lui donner toute liberté d’entrer dans sa maison à toute heure du jour et de la nuit et lui laisser le plein usage de ses biens.

C’est l’Enfant-Jésus qui porte ces clés, sa Mère les porte avec lui, et St Joseph, le chef de famille, apparemment absent, sait que ces trois clés sont en très bonnes mains. Il sait aussi que Marie partage tout avec lui, qu’elle lui garde son bien et n’empiète jamais sur sa place et son rôle au sein de leur maisonnée. ‘’

Récit historique de l’Origine des Trois Clés (Archives Carmel de Beaune - Registre manuscrit 50 - ch. 16)

« le Saint Enfant-Jésus ayant fait connaître à notre chère Sœur Marguerite qu’il voulait qu’on lui fît bâtir un lieu où on l’honorât en qualité de Roi et que son règne y fût établi ; on fit pour ce sujet construire une chapelle [ ]. On en fit la dédicace le 24 octobre 1638.

… la Mère prieure (Mère Marie de la Trinité) se démit de sa charge pour faire reconnaître la Sainte Vierge comme vraie Mère et seule Prieure de la maison. Après cela, elle présenta au St Enfant-Jésus une clé d’argent doré où sont gravés ces mots latins : Jesus regnat, puis une à la Sainte Vierge avec ces paroles : Maria goubernat et enfin une troisième en argent à St Joseph où il y a : Joseph administrat. Tout cela se fit avec une extraordinaire dévotion…

Que garde donc cette Trinité de la terre ? Sur quels biens veille-t-elle ? A quel

monde ces clés donnent-elles accès ?

Ces trois petites clés révèlent la mission de La Sainte Famille dont la maison de Nazareth est comme un sanctuaire. La vie à Nazareth est rythmée par la prière, l’adoration, l ‘écoute de la loi, le travail assidu, l’accueil de tous. Pour mieux connaître cette famille, il est bon d’aller chez elle, dans son lieu de vie.

Alors :

« Entrons dans la maison de Nazareth, écoutons, regardons, sentons cette atmosphère si chaleureusement humaine de cette maison bénie entre toutes ».
Elle est un espace de Vie, de Commencement perpétuel, d’Union admirable où chacun se donne sans cesse à l’autre, dans un perpétuel échange d’amour réciproque. La demeure de la Sainte Famille respire la tendresse, l’oubli de soi, la fidélité, la communion de cœur et d’esprit, sous la mouvance forte et délicate de l’Esprit Divin.

Maison attirante pour tous, où il fait si bon vivre. Maison où l’on voudrait habiter toujours !

Joseph

« Joseph est choisi par Dieu pour en être la tête, le chef. Une nuit au cours d’un songe prophétique, sa mission lui est révélée :

« Joseph, ne crains pas de prendre chez toi Marie ton épouse, l’Enfant qu’elle porte vient de l’Esprit-Saint,
tu lui donneras le nom de Jésus, c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés ».

C’est dans sa propre maison que vient Marie au sein de laquelle Dieu façonne Jésus, l’Enfant par excellence. Joseph acquiesce avec allégresse mais aussi avec courage car ce petit au creux de Marie le dépasse déjà tant. En même temps qu’il reçoit sa vocation d’époux, il reçoit sa paternité de Dieu, il se sent devenir père et il se sait responsable du devenir de cet enfant que Dieu lui confie. ‘’ C’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés ‘’. Cette petite phrase va l’habiter en permanence.

Mais comment devenir père d’un tel fils ? Comment le préparer à sa future mission ? « Rien n’est impossible à Dieu » se rappelle-t-il alors, car il fait sienne cette révélation de l’ange à son épouse et dans sa foi priante, il s’abandonne à son Créateur recevant de lui jour après jour lumière et dynamisme pour conduire sa petite famille dans les voies secrètes et si pleines de sagesse du Dieu d’Israël qu’il invoque chaque jour.
Joseph gardien de la famille de Nazareth, est aussi celui qui ‘’ administre ‘’ selon le verbe incrusté dans la petite clé. Cela veut dire qu’il veille sur son temporel, soucieux de la bonne marche de la maison, attentif au bien de tous, envisageant l’avenir, prudent en affaires, gérant en toute justice les dons de Dieu. Ce rôle de chef, il l’a assumé avec générosité, rigueur, droiture, force et sainteté.

C’est pourquoi l’Eglise, Famille de Dieu, s’est mise sous sa protection et le donne en exemple à tous les pères de la terre. Aujourd’hui elle trouve en lui un défenseur de la paternité voulue par Dieu et sur laquelle toute famille se construit pour le bonheur de chacun.

Joseph gardien de la Sainte Famille. Joseph gardien de la Famille ».

Marie

« Au sein de cette famille, Marie est la Mère. Ce titre lui sera donné par les Evangiles jusqu’au bout et Jésus ne s’adressera à elle que sous ce vocable. « Tu enfanteras un Fils » lui avait annoncé Gabriel. « Elle mit au monde son fils premier-né » Sa maternité se poursuivra tout au long de son existence, éduquant et préparant son fils à sa mission, elle l’accompagnera durant sa vie apostolique, le devancera intuitivement dans son rôle prophétique, le poussant presque malgré lui à exercer sa vocation messianique ; ainsi à Cana, Elle sera là, à la croix, communiant pleinement au don de sa vie. Sa foi, son espérance, son amour seront le réconfort des apôtres bouleversés au soir de la passion. Partout et toujours Marie ne cesse d’être source de vie.

Mère de la Vie, Mère de tous les enfantements, Mère de toutes les naissances, Mère de toutes les missions et de toutes les vocations, Elle est la nouvelle Eve, la Mère des Vivants, de ceux que Dieu fait revivre dans le Christ, de ceux qui sont nés de l’Esprit. Epouse de l’Esprit, elle enfante l’Eglise et reçoit de son fils tous ses autres fils : « Mère voici ton fils ». A travers l’apôtre Jean, c’est de nous tous qu’elle devient la Mère.

Elle nous ouvre à la vie de son fils, à cette vie d’amour qui passe par l’humble service, « En toute hâte elle se rendit chez sa cousine Elisabeth » nous dit l’apôtre St Luc. Elle est porteuse de vie, elle fait jaillir une source au cœur d’Elisabeth et laissant passer l’Esprit, elle la remplit de bonheur.

Marie ‘’ gouverne ‘’ nous dit sa petite clé. Elle semble suivre les évènements, et cependant… Dieu ne fait rien sans elle. A l’annonciation, Il attend son consentement et l’Ange ne se retire que quand il a reçu sa réponse. Elle décide de visiter sa cousine et rien ne l’en empêchera, Joseph et Jésus, si grands qu’ils soient, mettent leur bonheur à suivre ses conseils. Plus tard les apôtres mettront en elle toute leur confiance et la considèreront comme leur Mère pleine de prudence et de sagesse qui les assistera dans leur mission et leur enseignera le sûr chemin.

Marie gouverne avec assurance, force et extrême douceur et discernement. Elle relève, rassure réconforte, entraîne, raffermit. N’est-elle pas ce ‘’Fleuve de Vie qui réjouit la Cité de Dieu ‘’ et comme le chante encore le psaume : ‘’ Toutes nos sources sont en toi ‘ »

L’Enfant-Jésus

L’Enfant-Jésus a lui aussi sa clé. Une petite clé prodigieuse où est inscrit : ‘’ Jésus règne‘’. Et pourtant il ne parle pas encore, ne peut rien faire sans son père ou sa mère et semble le jouet des événements. Mais sa royauté n’est pas de ce monde, c’est une royauté d’obéissance, d’amour, de don de soi à l’infini, en référence permanente et totale à son Père. « Je ne fais rien de moi-même » C’est ainsi que commence notre rédemption ! ‘’ Si le grain de blé ne meurt pas il reste seul, mais s’il meurt il donne beaucoup de fruits ‘’.

L’Enfance de Jésus est le premier acte de notre Salut. Dès ses débuts en la terre, le Seigneur règne par son Enfance. Mystère de dépendance totale, d’impuissance, de faiblesse, de vulnérabilité, mais tout autant, mystère de vie en croissance, de lente maturation, d’éveil prodigieux de tout ce qui constituera la personne à venir. Cet état a été souverainement choisi, désiré, assumé par le Verbe.

« Ma force se déploie dans ta faiblesse » dira Jésus à Paul tandis que la Vénérable Marguerite ne cessera de répéter : « Enfant-Jésus montrez-nous la force de votre Enfance et la puissance de votre Berceau ».

L’Enfant-Jésus règne. Il règne par excellence sur l’Enfance. Il est le Roi de l’Enfance. Sa royauté préside à nos origines, il nous connaît avant même que nous soyons formés au sein de nos mères. Il sait notre nom. Du trône de son berceau, comme un Bon Berger, il veille sur chacune de ses brebis. De même qu’il a rempli de son Esprit le petit Jean-Baptiste avant sa naissance, de même, désire-t-il combler les enfants à naître, préparant les futures mamans à les recevoir du Père ainsi que leur destinée. Car Dieu a un dessein sur chacun d’eux. Son empire est celui de son amour, un amour qui ne peut juger, classer, étiqueter, reprocher. Car Il ne sait qu’accueillir, sourire à tous, il n’est qu’un enfant.

Tout le monde peut venir à la crèche, les grands et encore plus les petits. Qui aurait peur d’un enfant ? C’est pourquoi Dieu s’est fait l’un d’eux pour nous approcher, nous apprivoiser.

Il est l’Innocent, frère de tous ces innocents à qui la vie est arrachée, frère de ces petits que de hautes instances pervertissent dès la plus tendre enfance. De l’abîme de son indigence, il se fait le défenseur des droits les plus élémentaires. Il est le totalement ‘’désarmé ‘’. Le déjà ‘’ livré ‘’.

Qui est faible s’écrie Paul que je ne le sois avec lui ! La Faiblesse de Dieu est plus forte que l’homme ajoute-t-il. Nos lieux de faiblesse ne se trouvent-ils pas surtout dans nos cliniques de mort infantile, nos programmations de destruction systématique, nos législations totalitaires et tout ce qui s’y rattache ?

‘’L’Enfant-Jésus règne’’ envers et contre tout. Rien ni personne ne pourra anéantir l’œuvre divine de la Crèche. L’enfer ne peut admettre cette Vérité éternelle : le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous. Mais :

Les Anges ne cessent de l’adorer sur cette paille fragile et souple,
L’Etoile brille toujours sur cette grotte pauvre et sans éclat.
Les humbles s’y pressent, les bergers se répètent inlassablement la nouvelle,
Les grands de ce monde y apprennent la sagesse et la justice,
La joie rayonne jusqu’aux extrémités de la terre ».

Le calendrier de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ

Ce calendrier a été dicté par l’Enfant Jésus à Soeur Marguerite.

INTRODUCTION

« L’ordre des mystères que nous devons honorer en Jésus depuis l’incarnation jusque l’âge de douze ans et qui sont répartis sur toute l’année.

Marguerite explique « cette petite dévotion a été instituée pour honorer la Sainte enfance de Jésus de laquelle elle dépendra et par la grâce de laquelle elle subsistera ayant pour chef Jésus, Marie, Joseph.

Il nous faut donc faire basculer notre vie en Dieu. C’est bien là l’enjeu de la croissance spirituelle, être possédé par Dieu, envahi par Dieu. Imaginons que notre être soit un réservoir vide. De quoi le remplissons-nous ? De Dieu ou des misères de la terre ?

Pour remplir notre être nous avons une pompe ; les puissances de l’âme (La mémoire, l’intelligence, la volonté) à quoi utilisons-nous nos puissances de l’âme et vers quoi les orientons-nous ?

Le calendrier de l’Enfance éduque nos puissances à se tourner vers Dieu, au jour le jour. Comment ?

Le P. Condren dira « Etre entre les mains de Dieu comme un enfant entre les bras de sa mère et pratiquer le renoncement à la volonté propre, l’abandon total de soi et l’indifférence à toute chose, la simplicité, la pureté, la mansuétude et l’innocence. »
Pour se faire il faut d’abord le désirer, et prendre une détermination déterminée. Autrement nous pourrions nous décourager tant nous allons nous rendre compte que nous sommes loin de Dieu.

Nous allons orienter notre volonté vers Dieu d’une manière déterminée en commençant par ces 9 semaines en l’honneur des neuf mois où Marie a porté Jésus en son sein.

Il nous faudra être inventifs, chacun sa recette pour le rappel de Dieu : faire des mémos un peu partout, faire son petit Nazareth, endroit de la maison où l’on revivra l’Enfance. Instituer une tradition de l’avent chez soi. Il y a le calendrier avec les fenêtres qu’on ouvre chaque semaine.

Toutes ces petites pratiques de piété extérieures nous permettront de rentrer dans la méditation profonde et le dialogue avec Dieu. Devant notre pauvreté et bonne volonté, l’Enfant Jésus ne manquera pas de nous répondre.

Il faut surtout se pénétrer de l’esprit de Jésus enfant et pratiquer son humilité, sa simplicité, sa pureté, sa mortification en un mot épurer et transformer sa vie en faisant fleurir dans l’âge mûr les vertus de l’enfance et en prolongeant dans l’intérieur de la famille l’esprit qui animait les habitants de la pauvre maison de Nazareth.
« Mon épouse ne crains pas, je travaillerai avec toi, tous mes biens sont tiens, je te donne les mérites de mon enfance.

Ce sera par ce mystère que tu surmonteras toutes les difficultés. Ce mystère que je veux que tu honores singulièrement sera ton bouclier et ta défense. Il sera ta forteresse et tous les états de mon enfance qu’il renferme depuis mon incarnation jusqu’à la douzième année que j’allais au temple pour les affaires de mon Père seront les armes dont tu te serviras pour assister le peuple . » Il lui enseigna ensuite la manière de l’honorer dans tous ses états de son enfance et lui prescrivit l’ordre et les règles qu’elle dicta et qui donnèrent la dévotionnelle d’où nous allons puiser nos dévotions pour le culte à l’Enfant Jésus.

Marguerite demanda un petit oratoire à l’intérieur du couvent qu’elle appela son Nazareth dédié à l’enfance de Jésus où elle alla faire ses dévotions et poursuivre avec Dieu cette conversation ininterrompue dont les pécheurs et la ville de Beaune allaient bientôt ressentir les heureux effets.

Guerre et peste sévissaient en Bourgogne en cette année 1636. Marguerite pria d’une manière ininterrompue de Mars 1636 au 15 mars 1638, date à laquelle le roi louis XIII va faire une procession à Notre Dame pour mettre la France sous sa protection spéciale ».

Le calendrier du Saint Enfant Jésus

A) L’Avent- L’ATTENTE - Les neuf semaines de préparation du 23 Oct. au 25 Décembre

Le 23 Octobre, on commencera l’avent qui durera neuf semaines en l’honneur des neuf mois que le fils de Dieu demeura dans le sein de Marie.

Ce temps sera particulièrement employé par les associés de la famille de Jésus enfant. Ils tacheront de se rendre en un renouvellement de leur appartenance à Jésus, Marie, Joseph.

En ce temps nous honorerons particulièrement le Mystère de l’incarnation.

De la Première Semaine à la Neuvième Semaine :

23 Octobre
30 Octobre
6 Novembre
13 Novembre
20 Novembre
27 Novembre
4 Décembre
11 Décembre
18 Décembre

B)-UNE PRESENCE NOUS EST DONNEE-la dynamique de la crèche - 25 Décembre au 2 Février.

LE JOUR DE LA NATIVITE 25 décembre

C’est le premier jour auquel commence sa vie sainte et divine parmi nous sur la terre. En ce jour où il nous donne notre dévotion envers lui, nous devons de nouveau nous donner à lui pour lui appartenir en la crèche et pour être de sa famille et le servir en ce lieu.

En ce jour commence la quarantaine en l’honneur de la nativité de Notre Seigneur.
La quarantaine en l’honneur de la Nativité : du 30 Décembre au 6 Février.

C)- Méditation sur les sept années en Egypte - Du 6 Février au 3 Août
- Du 6 au 16 Février, la fuite en Egypte.

D)- LA VIE CACHEE - LE SEJOUR A NAZARETH - DU 3 AOUT AU 22 OCTOBRE.

Prières : Le Chemin de Bethléem et ses 12 Mystères

Enfant Jésus de Beaune chemin de Bethléem

Consécration à l’Enfant-Jésus

« O divin Enfant Jésus, notre Roi, humblement prosterné à vos pieds, sous les auspices de Marie, Joseph et de votre archange Gabriel, je vous consacre mon cœur, mon âme et tout moi-même. pour vous servir sans aucune réserve.

Ah ! mon Sauveur, que n’ai-je un cœur plus grand pour vous aimer davantage ! Mais je m’associerai d’autres cœurs, je veux que d’autres vous aiment autant que moi, que d’autres vous servent, que d’autres vous honorent ! Que ne puis-je inspirer à tous ces cœurs la dévotion à votre sainte Enfance !

Daignez ô divin Enfant Jésus, Roi de gloire, faire éprouver à tous vos asso¬ciés la toute-puissance de votre petites¬se et que votre pureté, votre simplicité et votre innocence découlent avec vos faveurs temporelles sur tous ceux qui vous rendent hommage. Ainsi soit-il ».

Site à consulter/

sur les pas des saints Consécration à Enfant Jésus

La Vénérable Marguerite du Saint Sacrement, épouse de la Crèche

Carmélite au XVIIe siècle, fondatrice de la Famille de l’Enfant Jésus, érigée en Archiconfrérie en 1855.

« L’Enfance de Jésus est un état où l’esprit dans la foi et le silence, le respect et l’innocence, la pureté et la simplicité attend et reçoit les ordres de Dieu et vit au jour le jour en esprit d’abandon, ne regardant d’une certaine manière ni devant soi, ni derrière soi, mais s’unissant au Saint Enfant Jésus qui reçoit tout des ordres de son Père.

Vingt-deux ans après la mort de Thérèse d’Avila, en 1604, six carmélites espagnoles fondaient à Paris le premier carmel thérésien français. Dès 1605, un troisième carmel était fondé à Dijon. Celui-ci fonda des carmels en Franche Comté et en Bourgogne dont celui de Beaune en 1619. Mère Marie de la Trinité y fut chargée des Novices. Mère Élisabeth de la Trinité en devint la Prieure en 1626 et donna un grand essor à ce monastère. En 1630, elle y accueillit une orpheline de 11 ans 1/2, Marguerite Parigot, d’une famille de notables de Beaune ; ce sera la Vénérable Marguerite du Saint Sacrement. Sous la conduite de ces deux Mères, la jeune novice orienta vers l’enfant Jésus sa piété précoce. Le divin Enfant combla la « petite épouse de sa crèche » de grâces mystiques. La pratique des vertus religieuses notamment de l’obéissance authentifiait ces expériences étonnantes chez une enfant.

La puissance de sa prière fut bientôt connue au dehors du Carmel. En 1636, la France était attaquée au nord et à l’est, jusqu’à la Saône, qui constituait alors la frontière. Rien ne semb1ait devoir empêcher les armées ennemies d’arriver jusqu’à Beaune et d’y commettre pillages et massacres. Les habitants de la petite ville étaient terrifiés et la prieure du carmel songeait elle aussi, à fuir le danger. Marguerite assura : « l’enfant Jésus m’a promis que la ville serait épargnée. » Cela se réalisa. La reconnaissance populaire se manifesta par la diffusion de la « petite couronne » préconisée par Sœur Marguerite sur indication céleste : trois « Notre Père » pour remercier Dieu du don qu’il nous fit en Jésus, Marie et Joseph ; douze « Je vous salue Marie » pour honorer les douze années de l’enfance de Jésus.

À quelque temps de là, la France était de nouveau dans l’angoisse : le Roi Louis XIII et la Reine Anne d’Autriche, mariés depuis une douzaine d’années n’avaient pas d’enfant. Il n’y avait donc pas d’héritier pour le trône ! Toute la France invoquait le Ciel ! Sœur Marguerite eut encore une révélation dans sa prière : elle affirma que la Reine allait donner le jour au futur Louis XIV. La mère et le fils en manifestèrent leur gratitude au Carmel. La réputation de Sœur Marguerite ayant ainsi gagné la Cour, elle attira l’attention d’un seigneur normand, le Baron Gaston de Renty. Ce pieux laïc, marié, père de cinq enfants, était toujours à l’affût de ce qui pouvait alimenter sa ferveur. Il n’hésita pas à se rendre en Bourgogne pour s’entretenir avec la jeune sœur. Gagné à sa dévotion, il en donna l’une des meilleures définitions : « l’esprit d’enfance est un état où il faut vivre au jour le jour, dans une parfaite mort à soi-même, en total abandon à la volonté du Père. »

Rentré dans son manoir normand, il envoya à Sœur Marguerite un cadeau de Noël, rien moins que la statut du « Petit Roi de gloire ». (1643) En bois sculpté, peint et articulé, cette statuette peut être habillée de vêtements somptueux (elle en possède une collection), parée de bijoux et couronnée. Pour l’honorer dignement, Sœur Marguerite obtint de ses supérieurs la construction d’une petite chapelle attenante à l’église du Carmel. Très vite un mouvement national de pèlerinage se manifesta en direction de l’Enfant Jésus de Beaune, à peu près contemporain de l’Enfant Jésus de Prague. Composée de grands seigneurs et d’humbles gens, l’affluence ne cessera pas jusqu’à 1a Révolution, comme l’attestent les très importantes archives du Carmel. Caché pendant la Révolution, il fut rendu ensuite aux carmélites qui pendant des années le conservèrent chez elles en clôture.

Le Petit Roi de gloire a repris sa place en 1873 dans l’église du carmel. Les visites privées ou collectives se succèdent ; une correspondance abondante de demandes parfois poignantes de prières arrive régulièrement au Carmel, avec des remerciements pour les grâces obtenues. Les murs de la chapelle sont tapissés d’ex-votos. Certaines formes de dévotion instituées par Sœur Marguerite se maintiennent : il y a tous les 25 du mois, une prière publique de la « petite couronne » et chaque année, du 25 janvier au 2 février, une neuvaine avec homélie et récitation quotidienne de la « petite couronne ».

Des brochures expliquent aux fidèles le sens de l’esprit d’enfance auquel doit conduire normalement cette dévotion à l’enfance de Jésus. Elle n’a pas été inventée au XVIIe siècle mais remonte au Christ lui-même :
« Si vous ne devenez comme de petits enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux. » (Mt.18,3) »

site source :

voie mystique Marguerite du Saint Sacrement

La Communauté des sœurs carmélites de l’Enfant-Jésus

« La statue de l’Enfant-Jésus, visible dans la chapelle du Carmel, fait depuis quelques années l’objet d’une dévotion importante de la part des croyants de la région beaunoise. Il y a un an, l’archevêque de Dijon, Mgr Minnerath, a donc décidé d’ériger le lieu en sanctuaire et d’y installer une communauté religieuse : les sœurs carmélites de l’Enfant-Jésus, une communauté apostolique venue de Pologne et présente en France depuis 1991.

C’est ce qui s’est passé ce dimanche matin 3 janvier 2016 lors d’une messe à la basilique Notre-Dame puis d’une procession jusqu’au sanctuaire. 5 sœurs appartenant à cette nouvelle communauté beaunoise étaient présentes, parmi lesquelles la mère générale des Carmélites de l’enfant Jésus, venue spécialement de Pologne pour la cérémonie ».

Site à consulter :

paroisse de Beaune Hautefort

Informations et accueil

Sanctuaire de l’Enfant-Jésus de Beaune
14 rue de Chorey
Tel : 03 80 22 27 43
21200 Beaune

Courriel : accueil@enfant-jesus-de-beaune.org

Site source à consulter

Enfant Jésus de Beaune


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