Saint Mitre à Aix-en-Provence

jeudi 29 octobre 2015
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Pèlerinage à Saint Mitre, patron d’Aix-en-Provence
Chaque année, le 13 novembre



Le pèlerinage annuel à Saint-Mitre aura lieu le 13 novembre, jour de la fête du saint patron de la ville d’Aix-en-Provence, dont la vie édifiante fut à l’origine d’une grande dévotion. Le tombeau de saint Mitre repose en la cathédrale saint Sauveur.

Une Messe sera célébrée en la chapelle Saint-Mitre-des-champs, route d’Eguilles.
Le jour du pèlerinage, la sainte relique de saint Mitre est conduite en procession en la chapelle édifiée au XIXe siècle à côté de celle bâtie en l’honneur de saint Mitre au XVIIe siècle, vendue comme bien national à la révolution. Les aixois ont ainsi aujourd’hui encore le privilège de pouvoir honorer et prier le 13 novembre de chaque année leur saint protecteur, dont la réputation gagna la France entière.

La vie édifiante de Saint Mitre

Saint Mitre, patron de la ville d’Aix, Ve siècle Martyrologe romain : « le 13 novembre à Aix-en-Provence, fête de saint Mitre, très illustre martyr ».

Selon les vieux bréviaires aixois et les chroniques du temps passé, saint Mitre est né en Grèce, à Thessalonique, d’une noble famille, trouvant dans son berceau la foi chrétienne avec l’opulence du rang. Sa jeunesse fut confiée aux moines du mont Athos, foyer puissant de culture intellectuelle et de vie religieuse, qui abrita, sous la règle de saint Basile, jusqu’à cinq mille moines : Mitre se forma aux grandes vertus et plus tard y puisa la générosité de son incomparable dévouement. Nicolas Froment. La Légende de saint Mitre. Huile sur panneau de peuplier 160 x 157 cm vers 1470-1475. Cathédrale Saint-Sauveur à Aix-en-Provence. Classé monument historique le 21 octobre 1903.

Le tableau sur bois retrace toute la légende de saint Mitre : à gauche, le saint reçoit à genoux des mains du prêteur les clés de la vigne ; puis, sous une treille, il dépose un raisin dans le chapeau d’un pauvre ; il comparaît devant le prêteur ; dans le fond à droite, on le voit conduit en prison entre deux gardes, puis mis à mort et enfin portant sa tête à l’église sur seuil de laquelle l’attendent l’évêque en chape et son clergé. Au centre il est debout avec sa tête dans les mains, entouré de plusieurs personnages agenouillés, toute la famille de Jacques de la Roque, donateur du tableau.
La tradition le représente sur le mont Athos, lecteur assidu des écrits de saint Paul, qui lui apparut un jour.

Un vieil historien raconte que les Aixois étaient tout heureux de l’arrivée de Mitre dans leur cité, « parce qu’ils pouvaient ouïr un truchement du grand saint Paul ».

A 24 ans Dieu l’appelle à un détachement complet, il vend tous ses biens, en distribue le produit aux pauvres, s’embarque pour la France, aborde à Marseille et vient aussitôt à Aix.

Salvien, qui écrivit ver 450, nous a laissé le tableau des calamités dont souffrait tout le midi de la Gaule : grande misère, profonde décadence et mœurs dégénérées introduites par les fonctionnaires de l’empire. L’homicide, la débauche étaient partout et faisait de cette société, toute chrétienne qu’elle voulait paraître, « un égoût d’impuretés ». (pp.154-155) Métropole de la seconde Narbonnaise depuis le début du IVe siècle, Aix avait un prêteur : Pitton l’appelle Arvandus ou Arabundus ou Ve
rvandus, maître de la cité (civitatis dominus), un fonctionnaire inférieur, magistrat de second ordre,(à ne point confondre avec le préfet Arvandus : le préfet du prétoire resta jusqu’à la fin, dans la province, le premier dignitaire de l’empire). Tous les anciens
documents confirment que ce prêteur était cruel et débauché, et probablement chrétien, puisque depuis l’an 416, sous Théodose II, les païens étaient exclus formellement de toutes les charges publiques. Une inspiration généreuse se fait jour dans l’âme de Mitre, jeune, enthousiaste, saintement jalouse des droits de la vertu et de l’honneur du nom chrétien. Il veut convertir le prêteur, et pour l’approcher, se fait admettre au nombre des esclaves du maître de la cité.

Sa vertu ne tarde pas à être remarquée, au point qu ’il devient insupportable pour l’indigne gouverneur, qui le relègue, parmi les esclaves travaillant dans les champs, à une vigne. Le jeune esclave poursuivit sa mission, faisant entendre à ses compagnons d’esclavage la prédication la plus éloquente, celle d’une vertu irréprochable, lesquels, humiliés et jaloux, se vengent par des vexations de toutes sortes. Un jour, ils ouvrent les amphores qui contiennent de grandes provisions d’huile : mais lesaint arrête l’écoulement de l’huile avec un signe de croix.

Un autre jour qu’il conduisait un char, une mule tombe et se brise le pied ; Mitre saute à terre et la guérit à l’instant. Ses miracles excitèrent la haine des autres esclaves et portèrent au comble leur jalousie.

Le prêteur résolut de le perdre et sur son ordre, quelques esclaves, pendant la nuit, dépouillèrent de ses raisins la vigne dont Mitre avait la charge. La matin venu, on l’accusa d’avoir volé les raisins pour les donner aux pauvres. Un miracle confondit l’imposture : quand le prêteur arriva, il trouva les souches garnies de grappes plus nombreuses et plus belles. Les amphores dans lesquelles avaient été déposés les raisins fraîchement coupés, étaient vides et couvertes de toiles d’araignées. Le prêteur crie à la magie, fait saisir Mitre et l’enferme dans l’une des tours de son palais, situé à peu près à l’emplacement du palais de justice actuel. On l’en retira pour lui trancher la tête dans la cour-même du prétoire. C’était le 13 novembre 466 disent ses historiens, il avait 34 ans.

A peine la tête avait-elle roulé sous la hache, que le saint se lève, saisit cette tête sanglante, s’avance et franchit d’une marche rapide la distance qui sépare le prétoire de l’église vénérée de Notre-Dame de la Seds ; Mitre dépose sa tête sur l’autel de Notre-Dame, au son des cloches qui se mettent en branle d’elles-mêmes, et aux cris d’admiration de l’évêque, des clercs, et du peuple accouru pour être témoin du prodige.

La grande notoriété de Mitre, dont le culte, un siècle après sa mort, est si vivant que, dans une calamité publique, il voit accourir à ses pieds tout le peuple avec l’évêque en tête, le priant en ces termes :« Très glorieux saint… » (gloriosissime sancte), concorde avec le nom d’« athlète glorieux » que lui donne Grégoire de Tours
(inclytus athleta), et confirme bien une mort extraordinaire.

Source :

Nos saints de Provence, Chanoine Urbain VILLEVIEILLE, 1901, Edition d’Aix rééditée en 199

Informations

Paroisse d’Aix-St-François d’Assise :
Tel 04 42 20 15 51

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