Notre-Dame de Chrétienté 2019 de Paris à Chartres

dimanche 2 juin 2019


Pèlerinage Notre-Dame de Chrétienté
De Paris à Chartres
Pentecôte 2019
Les 8, 9 et 10 juin



Le pèlerinage Notre-Dame de Chrétienté, pour la Pentecôte, de Paris à Chartres, se déroulera cette année les 8, 9 et 10 juin 2019. En raison de l’incendie de la cathédrale Notre-Dame, ce 37e pèlerinage partira de l’église Saint-Sulpice.

Le pèlerinage de Chartres pour tous

« Chers amis du pèlerinage de Chartres,

Cette année, vous voudriez bien marcher encore une fois entre Paris et Chartres… mais voilà : vous devez absolument réviser des examens importants, ou bien vous ne pouvez laisser vos enfants tout-petits ou vos parents âgés, ou encore vous vous êtes cassé la jambe, vous êtes malade et n’avez pas la force physique nécessaire, ou bien vous êtes désormais trop âgé pour cela…

Le chapitre des « anges gardiens » du pèlerinage est pour vous ! Venez rejoindre les centaines de pèlerins non marcheurs : les religieuses et les religieux, les parents de jeunes enfants, les malades et les personnes trop âgées pour parcourir les 100 km du pèlerinage, les expatriés, les marins et les militaires en opération… Par la communion des saints, vous pourrez être étroitement unis aux pèlerins marcheurs : vos prières vont les accompagner et, eux aussi, offriront pour vous notamment ces trois jours de marche. La communion des saints va permettre cet échange de prières, de grâces et de mérites entre nous tous.

Cette expression de « communion des saints » signifie avant tout la participation commune de tous les membres de l’Église aux réalités saintes (ce que les théologiens appellent sancta) : la foi, les sacrements, en particulier l’Eucharistie, et les autres dons spirituels. Ainsi, tous les fidèles de l’Église du Christ communient à une même foi, vivent des mêmes sacrements, de la même grâce. Et cela est particulièrement vrai durant les trois jours du pèlerinage où, marcheurs et non-marcheurs, nous allons approfondir cette même foi par des enseignements ou des lectures (les anges gardiens reçoivent avant le pèlerinage le carnet du pèlerin, complété par un encart spécialement conçu pour eux) et recevoir les mêmes sacrements (ceux qui le peuvent sont invités à recevoir là où ils se trouvent les sacrements de pénitence et d’Eucharistie durant ces trois jours). Cette unité dans la foi, dans la réception des sacrements et dans la prière : voici la première expression de la communion des saints.

Mais la communion des saints désigne également la communion entre les personnes « saintes », entre tous les baptisés (les sancti), à savoir entre ceux qui, par la grâce, sont unis au Christ mort et ressuscité. Les uns marcheront sur les routes de Chartres, les autres, comme c’est votre cas, incapables de rejoindre la colonne du pèlerinage leur seront unis par la pensée et la prière, d’autres encore, les âmes du Purgatoire, ayant quitté cette vie, achèvent leur purification, soutenus aussi par nos prières, d’autres enfin, les saints du Ciel, jouissent déjà de la gloire de Dieu et intercèdent pour nous. Tous ensemble, nous formons dans le Christ une unique famille, l’Église, à la louange et à la gloire de la Trinité.

Ainsi, chers « anges gardiens » du pèlerinage de Chartres, la communion des saints l’affirme : nous ne sommes pas seuls ! Oremus pro invicem ! Prions les uns pour les autres. »

Renseignements : inscriptions anges gardiens

Bon pèlerinage à tous !

Abbé Arnaud Évrat FSSP
aumônier des « anges gardiens »

Pourquoi Notre-Dame de Chrétienté aime ce rite ancien, dont l’ordonnance remonte pour l’essentiel au VIe siècle ?

« Le concile Vatican II (constitution « Sacrosanctum Concilium »), à la suite du concile de Trente, nous rappelle que « la Liturgie est avant tout un culte rendu à Dieu ». Bien sûr, à l’occasion de ce culte, il y aura tout un enseignement donné au peuple de Dieu. Mais avant tout, la Liturgie est un culte à la divine majesté. Un culte que les fidèles rendent à Notre Seigneur Jésus-Christ, mais aussi que Notre Seigneur Jésus-Christ, lui-même, rend à son Père. Aussi ce culte doit-il être sacré et tel que Dieu le désire. On ne va donc pas à la messe pour être agréable à un prêtre, ni parce qu’un tel ou une telle y va, ou que l’esprit est chaleureux et les chants entrainants, mais on va à la messe pour rendre un culte à Dieu, un culte qui soit vraiment digne de Lui.

La Liturgie n’est pas une leçon de catéchisme. N’attendez pas de trouver au détour d’une page de votre missel, une définition exhaustive et complète de la messe. En revanche, ce que vous trouverez en suivant la liturgie de la Sainte Messe, c’est un ensemble de prières, de paroles, de gestes, de vêtements et d’objets liturgiques qui vous feront connaître ce qu’est la messe, sa véritable nature. C’est un peu comme un jeune homme qui voudrait faire connaître sa flamme à une jeune fille. Il peut, soit lui fixer un rendez-vous et lui déclarer tout de go : « Je t’aime ». Cela a l’avantage d’être bref et clair. Mais il peut aussi, lui faire connaître sa flamme par un certain nombre de signes extérieurs, comme, par exemple, lui offrir des fleurs, l’inviter au cinéma, lui téléphoner régulièrement, etc. Soyez sûr que la jeune fille comprendra très vite la nature des sentiments de ce jeune homme ! Eh bien, dans la Liturgie, il en va un peu de même ! Ce sont tous ces signes extérieurs, visibles, qui nous indiquent clairement la nature et l’essence du mystère. D’où l’importance de tous ces signes sensibles et visibles qui nous conduisent à l’Invisible.

Certes, ce n’est pas tel signe de croix, ou telle génuflexion, pris séparément qui est essentiel et indispensable, mais bien l’ensemble de tous ces signes extérieurs, c’est le « Lex orandi, lex credendi », que l’on traduit par : « telle prière, telle croyance ». En effet, si la liturgie ne manifeste pas clairement, par tout ce qui doit la composer, la nature même du mystère, alors c’est la Foi elle-même qui peut être touchée.

Il existe trois aspects de la théologie de la messe que la liturgie traditionnelle met particulièrement bien en valeur. Dans son encyclique sur l’Eucharistie « Ecclesia de Eucharistia », le pape Jean-Paul II rappelait avec force le caractère sacrificiel de la messe : « La messe, disait-il, est à la fois et inséparablement le mémorial sacrificiel dans lequel se perpétue le sacrifice de la Croix, et le banquet sacré de la communion au Corps et au sang du Seigneur ». St Padre Pio revivait au cours de sa messe toute la passion du Christ : de l’agonie, au Jardin des Oliviers, à la mise au tombeau. C’est vraiment impressionnant et même bouleversant. St Padre Pio avait d’ailleurs demandé et obtenu de Paul VI de garder la messe traditionnelle jusqu’à sa mort. Dans la messe traditionnelle, ce caractère sacrificiel est mis en valeur dans les prières de l’offertoire mais aussi dans bien d’autres prières. Il y a également tous les signes de croix faits par le prêtre, qui désignent la divine victime et les baisers de l’autel où, précisément, le Christ va s’offrir lui-même, en victime à son Père.

Le deuxième aspect théologique est celui de la présence réelle. Dans une hostie consacrée, par la transsubstantiation, Notre Seigneur est réellement présent avec toute son humanité et sa divinité. Cette présence réelle réclame de notre part un très grand respect et des gestes d’adoration. C’est pourquoi dans le rite tridentin le prêtre fait une génuflexion avant et après avoir touché le corps du Christ ou le calice de son sang. De même il garde le pouce et l’index de chaque main joints, de la consécration jusqu’à la purification de ses doigts, parce que ses doigts, qui ont tenu l’hostie consacrée, ont touché le corps du christ et qu’il convient de ne pas risquer de les souiller ou de laisser échapper une parcelle de l’hostie. La communion sur la langue a également une grande importance : ce n’est pas que la langue soit plus digne que les mains (on pèche autant, si ce n’est plus, par la parole que par le geste), mais parce que Notre Seigneur se trouve tout aussi présent dans l’hostie entière que dans la moindre parcelle de l’hostie. C’est donc pour éviter au maximum le risque de perdre des parcelles d’hostie, qu’à la messe traditionnelle, on donne toujours la communion dans la bouche et que l’on tient un plateau sous le menton de la personne qui la reçoit. La bienheureuse Mère Térésa a eu à ce sujet des paroles très vigoureuses : « La chose la plus horrible, disait-elle, dans notre monde aujourd’hui, c’est la communion dans la main » (23 mars 1989, The Wanderer, Pakistan).

Enfin, le troisième aspect théologique est celui du rôle du prêtre par rapport à celui des fidèles. Le prêtre, à la messe, a un rôle unique, car il agit “in persona Christi” : c’est le Christ qui agit à travers le prêtre. Le prêtre est un instrument au service du Christ, pour que ce dernier puisse réactualiser son sacrifice. Les fidèles, eux, ont pour rôle d’offrir la victime une fois immolée et non pas de réactualiser le sacrifice. Ils doivent aussi s’offrir eux-mêmes en union avec le Christ qui s’offre sur l’autel pour leur salut. Dans la messe traditionnelle ce rôle unique du prêtre est mis en valeur, en particulier, par le fait qu’à l’autel il est tourné vers le Seigneur et non pas vers les fidèles, sauf quand il les invite à prier. Le prêtre est alors le pontife, celui qui fait justement le pont entre Dieu et les fidèles : il est tout à la fois celui qui prie Dieu au nom des fidèles et celui qui donne les dons de Dieu aux fidèles.

Benoît XVI a exprimé à de nombreuses reprises l’idée que la Liturgie est un don de Dieu que l’on doit recevoir et non pas que l’on peut fabriquer : « Il faut constater que le nouveau missel, quels que soient tous ses avantages, a été publié comme un ouvrage réélaboré par des professeurs, et non comme une étape au cours d’une croissance continue. Rien de semblable ne s’est jamais produit sous cette forme, cela est contraire au caractère propre de l’évolution liturgique ». D’où la grande idée de Benoît XVI de « la réforme de la réforme ». Pour lui, il fallait libérer la messe traditionnelle non seulement parce qu’elle est un rite vénérable qui doit avoir toute sa place dans l’Église, mais aussi pour qu’elle puisse servir de modèle à la réforme de la réforme. D’où son Motu Proprio « Summorum Pontificum » du 7 juillet 2007 sur l’usage du rite de la messe selon sa forme extraordinaire.

Le latin n’est pas un obstacle à la mission, bien au contraire : il concourt à donner à la Liturgie un caractère sacré. A l’heure où la soif du sacré et la recherche de l’authentique sont omniprésents, la messe traditionnelle est une réponse extraordinaire pour toucher les âmes et les conduire à Dieu. Il suffit de constater le nombre de conversions et de vocations que suscite la messe tridentine pour constater la qualité d’un arbre à ses fruits… Il y a quelques années, le Père Gy était venu au Barroux pour discuter avec Dom Gérard. Le père Gy était le grand spécialiste de la réforme liturgique, et il ne comprenait pas du tout notre attachement à la liturgie tridentine, persuadé que c’était pour des raisons purement intellectuelles, cérébrales. Alors Dom Gérard lui dit : « Mais, mon Père, notre attachement à la liturgie traditionnelle, ce n’est pas un mariage de raison, mais un mariage d’amour ! ». Le Père Gy fut visiblement ému de cette réponse à laquelle il ne s’attendait pas et déclara alors : « À cela, il n’y a plus rien à redire… ». »

Envoi du pèlerinage

Par M. l’abbé Garnier, aumônier national du pèlerinage

« Thank you, Reverend Father Large, for the Holy mass you offered at the beginning of this 37th pilgrimage !

Merci à vous, Monseigneur Leproux, d’avoir représenté l’archidiocèse de Paris et donné l’homélie de ce jour.

Cher Monsieur le Curé, le oui de Notre Dame à Nazareth a rendu possible le salut d’une multitude, votre oui bienveillant rend possible cet envoi de pèlerinage. Merci à vous ainsi qu’à votre intendant, pour votre accueil en cette église.

Ami pèlerin,

Tu as devant les yeux le beau rappel du Christ Roi, ici comme à Chartres.

En ton départ, et ton arrivée, tu croises son effigie.

A Chartres, au portail royal, il t’accueillera glorieux, entre les 4 vivants et les vieillards stupéfiés de louange et d’adoration.

Ici, au côté du choeur de l’église, tu le rencontres douloureux, abîmé par la contradiction et l’outrage.

Tu entends les oppositions à ce règne du Christ, hier comme aujourd’hui ; « Qu’est-ce que la verité ? » - « Nous ne voulons pas qu’Il règne sur nous, et nous n’avons pas d’autre roi que César ».

Mais tu réentends aussi la voix aimée qui affirme nettement et paisiblement ; « Tu l’as dit, je suis Roi… Tout homme qui vient à la verité entend ma voix ». Le visage sculpté te dit en silence sa déreliction, sa douleur. Mais aussi sa paix infinie.

Cher frère pèlerin, reconnais-tu ces oppositions au règne du Christ ?

… Du prétoire de Jerusalem en l’an 30, à aujourd’hui ! Tu y es confronté. En toi, autour de toi.

Autour de toi ;

Tu connais le Panthéon monstrueux des nouvelles divinités.

Culture de mort ; le culte du « déchet recyclable » y concurrence le mépris de « l’humain jetable ».
Attaques multiformes contre l’amour humain, le mariage, la famille. Rien ne vaut plus sauf l’intérêt personnel immédiat, à commencer par le prochain, traité comme une chose.
Nouvelles idéologies colonisatrices dénoncées par le Saint Père ; haine de soi, de son enracinement et de son identité.
Nouvelle dictature de l’argent, du pouvoir, du sexe animalisé, brutal et irresponsable.

Alors oui le règne du Christ semble une cathédrale en feu…

Voilà donc pour hier et avant hier… Et aujourd’hui, et demain ?

Aucune paix durable ne sera possible tant que les hommes et les nations refuseront de reconnaître la souveraineté de Jésus Christ (Pie XI).

La paix du Christ, par le règne du Christ. Autour de toi et en toi.

En toi.

Ami pèlerin, ce règne commence en toi, cette paix passe par toi.

Pèlerin, entends ton Christ qui t’appelle ;

« J’ai donné cela pour toi, que donneras-tu pour mon règne ?… »

« … D’abord, donne-moi tes péchés » ;

ils sont premiers reculs de ce règne dans ton âme et dans ta vie. Premiers désordres et adversaires de la paix divine.

Tout péché mortel arrache une liberté au Seigneur ; « autoexclusion » dramatique dont l’ultime conséquence est l’enfer éternel.

Toute contrition, toute absolution arrache aux ténèbres, transfère dans l’admirable lumière de sa grâce.

La confession est le poste frontière du règne de Dieu. Veux-tu y être rattaché ? Regarde longuement qui tu as transpercé. Ce même Coeur victime du péché est refuge du pécheur. Souviens-toi combien Il est ouvert, et combien il a saigné ! Puis va trouver l’un des nombreux prêtres. Par eux le Coeur de Jésus te lave et t’introduit en son règne miséricordieux.

Ensuite donne tes 3 jours. Ne les perds pas, donne-les.

Donne-toi à ton chapitre, car tu n’es pas seul au service de ce règne.

Donne-toi au silence, laissant ton portable, tes réseaux sociaux et leur bruit discutable. Retrouveras-tu le chemin de ton âme, le prix de ce trésor unique ?

Donne-toi à la Tradition vivante, cette lumière de l’Eglise ! Tu es trône du Christ par la foi. De même, tes décisions et actions par la doctrine sociale de l’Eglise.

Donne-toi à l’élan de prière et d’adoration ! Tu est trône du Christ, par l’esperance et la charité. Rendez-vous chaque jour au pied de l’autel, tourné vers le Seigneur, et demain soir devant le Saint Sacrement !

Donne-toi aussi par ton corps et tes sens, par tes sacrifices ; chaque pas consenti, chaque chant et prière, sourire aux heures dures, attention au frère pèlerin ou bénévole, aux forces de l’ordre et passants que tu croises.

En avant, ami pèlerin, et pour son règne, Dieu nous garde !

Ste Jeanne Beretta Molla, priez pour nous

Bx Frederique Ozanam, priez pour nous »

Sts Louis et Zélie Martin, priez pour nous

Ouvrage à consulter

concernant notamment les paroles de la Vierge Marie sur la Très Sainte Hostie et l’Eucharistie :

"Publie ma gloire, Paroles de la Vierge Marie, aux éditions Via Romana, Guy Barrey avec la participation de M. l’abbé Michel Corteville, avril-mai 2019

Sites à consulter

ND Chrétienté

pèlerinages de France