Verdelot

lundi 22 avril 2013
par  Jean-François


Pèlerinage de VERDELOT



VERZELO en 1172, VERDELOU en 1288, VERDELO au XIV° siècle puis VERDELOT, dernier village au nord-est de la seine et marne en amont de la vallée du PETIT MORIN à la limite de l’Aisne, est bâti sur un pittoresque promontoire au confluent du ru MOREAU (appelé aussi ru de LA VENTURE) venant de VIELS MAISONS et de la rivière PETIT MORIN venant de MONTMIRAIL. JPEG - 49.7 ko

L’existence de Verdelot semble remonter à la plus haute antiquité : des fragments de pointes de lance, une hache de pierre polie trouvés au hameau Le Bois SEBILLE et un percuteur de l’âge de pierre découvert à Fontaine JAMETTE. La partie la plus ancienne du village s’étage sur la colline jusqu’au pied de l’imposante masse de l’église qui semble veiller sur les VERDELOTAIS. Au moyen-âge, le village comprenait plusieurs fiefs, dont le chef-fief appartenait à la famille des De VERDELOT.

Ce sont des moines bénédictins arrivés au XI° siècle, au Prieuré, qui amenèrent la statue. On en retrouve des semblables dans les Pyrénées dans des sanctuaires français et espagnols. Suivant une autre tradition, la statue aurait été donnée au monastère Notre Dame par un chevalier, au temps des croisades, entre les XI° et XIII° siècles.

JPEG - 139.4 ko Primitivement la statue était noire, comme les vieilles madones pyrénéennes, au XIX° siècle elle a été repeinte et recouverte d’un manteau de soie bleue, sa tête ornée d’un diadème ainsi que celle de l’Enfant. La tête et les mains de Jésus ont été refaites à une époque récente. Lors de sa restauration en 1974, on lui redonna sa physionomie originale, des traces de peintures sont encore visibles dans les interstices du bois.

Au Prieuré au XIV° siècle, la statue était à l’extérieur dans un petit oratoire se trouvant non loin des bâtiments. C’est là que les moines venaient prier individuellement la madone avec dévotion. Plus tard elle fut descendue dans la chapelle Notre Dame du Prieuré. Pour les moines, les serfs et les seigneurs elle est la Vierge qui exauce toujours, la « Vierge qui a toujours pitié ».

Après le départ des moines en 1720, la statue est restée dans la chapelle fermée, les fidèles viennent prier devant la porte close, le couvent est définitivement abandonné en 1744, c’est à partir de cette période que la sainte sculpture est probablement cachée par une pieuse personne. La statue est restituée au curé de Verdelot en 1811 et est posée sur la table autel derrière les fonts baptismaux. Elle est déplacée à Pâques en 1839 vers l’autel qui lui sera dédié, puis après sa restauration en 1974 elle est fixée le long du pilier à gauche du maître autel.

Le curé la fait chercher au Prieuré à l’aide d’un chariot attelé de bœufs dirigé par un paysan. A la stupéfaction du pauvre paysan, la statue devient si lourde qu’au moment de franchir le gué du ru de « La Venture », l’attelage refuse d’aller plus avant. Des voisins accourus tentent de soulever la Vierge sans plus de succès. C’est alors que venus processionnellement de l’église, le curé, en habits sacerdotaux, les enfants et tout le peuple arrivent sur les lieux. Des jeunes filles, sans effort, soulèvent la statue et l’amènent sur leurs épaules jusqu’à l’église dans l’allégresse générale.

C’est l’histoire qu’une vivante tradition orale a perpétué jusqu’à nous par la procession du troisième dimanche de septembre qui a lieu depuis 1864 sans interruption. JPEG - 61.9 ko La source de la « Fontaine aux fièvres » est étroitement liée au pèlerinage. Dans le Prieuré, tout près de l’ancien couvent, le ru de la source est aménagé en fontaine et passe au pied de la statue érigée en 1865 après la création du pèlerinage. Cette sculpture est de style saint Sulpice, avec un air éploré, la tête légèrement penchée à droite, le regard vers le ciel, les mains jointes par devant. Elle brave les intempéries jusqu’à ce qu’un abri de fortune en tôles ondulées la protège au milieu du XX° siècle des outrages du temps, il faudra attendre1987 que le lieu soit entièrement paysager, et que la statue et la fontaine soient protégées chacune d’une arche en béton recouvert de mosaïque. La tradition attribue à la source la vertu de guérir des fièvres et des maladies des yeux, ces « miracles » sont attribués au fait que la statue Notre Dame de Pitié en aurait touché l’eau.

A la fin du XIX° siècle, il a été décidé d’aviver la piété des diocésains en renouant avec des traditions prérévolutionnaires, grâce à la source et la statue, il y avait matière à célébration. L’Abbé PICHELIN décida donc de créer ce pèlerinage en 1864 et d’amener la statue sur les épaules de quatre jeunes filles en procession jusqu’au Prieuré.

DEROULEMENT DU PELERINAGE

La veille du 3e dimanche de septembre à 20 h 30 a lieu une veillée de prières à l’église.
De plus en plus souvent des artistes comédiens, chanteurs, compositeurs, musiciens animent cette soirée, tels que : Daniel FACERIAS, deux fois pour récital et histoire de Sainte Thérèse , Théo MAERTENS (récital), Sylvie BUISSET (2005-récital), Claude LAUGIER (histoire d’un homme : Charles de Foucault), Claude MARIE (2006-récital) pour ne citer qu’eux.

Le jour même (l’horaire peut varier selon les années) :

9h30 accueil des pèlerins et des malades (en fauteuil ou couchés).
10h30 messe suivie de la procession jusqu’au Prieuré
avec Notre-Dame de Pitié portée par quatre jeunes filles.
13h00 Pique-nique géant
(dans les jardins du presbytère depuis que les sœurs Augustines ont quitté
leur grande propriété).
15h30 Célébration mariale, chapelet, bénédiction du Saint Sacrement.
17h00 Séparation des pèlerins autour d’un pot de l’amitié.

La cérémonie est très souvent présidée par l’évêque du diocèse de Meaux.

La participation des pèlerins fluctue selon les années entre 900 et 1500 personnes, il y eut jusqu’à 2000 pèlerins voire plus certaines années au début du XX° siècle.

Depuis 25 ans l’Hospitalité de Lourdes (association caritative de Meaux) accompagne des malades et représente une importante délégation (250 personnes)

Les scouts sont également présents, en particulier ceux de Crécy-la-Chapelle.
Ils contribuent au bon fonctionnement de la cérémonie (circulation, aide aux malades, aide matérielle)

D’après Jean-Paul MAUGARS ©