Pèlerinage des Mères de famille à Cotignac

samedi 28 mai 2016


Pèlerinage des Mères de famille à Cotignac
Du 10 au 12 juin 2016



Le pèlerinage annuel à Cotignac des Mères de famille aura lieu du 10 au 12 juin prochains. Pour le trentième anniversaire de ce pèlerinage à Notre-Dame de Grâces de Cotignac, dans le Var, les Mères se rendront, comme chaque année à la mi-juin, à Cotignac et Saint-Joseph du Bessillon, là où apparurent la Vierge Marie, l’Enfant Jésus et, en 1660, saint Joseph, pour confier leurs enfants, leur mari et leur famille à la Sainte Famille. Venez nombreuses pour ce si beau pèlerinage des Mères de famille, qui en a inspiré bien d’autres en France !

L’intuition d’une femme donne naissance en 1986 au pèlerinage des mères de famille à Cotignac

« L’intuition d’une femme donne naissance en 1986 au pèlerinage des mères de famille à Cotignac, au succès toujours plus grand.

Vingt ans après la naissance du pèlerinage des pères de famille à Cotignac, une femme inspirée par un prêtre a l’idée de créer son équivalent pour les mères. En 1986, Monique Louze, déçue de ne pouvoir accompagner son mari sur les chemins de Cotignac, fait en effet germer l’idée d’une marche pour les femmes… Le succès est immédiat et rattrape bientôt celui du pèlerinage des pères.

Monique Louze raconte pour Cotignac 500 les débuts de ce pèlerinage aujourd’hui incontournable pour la paix des familles et qui rassemble chaque année près de 1500 mères :

L’histoire a débuté en 1986. À l’époque, nous étions tous goumiers (personne participant à un raid de réflexion spirituelle créé par Michel Menu, pendant une semaine et dans une zone désertique) ; quand je dis « nous », j’entends la famille : père, mère, fille et garçons qui parcourions avec bonheur les mêmes déserts, croisant parfois nos routes, ou même marchant en solitaire…

À cette époque, le pèlerinage des pères existait déjà ; pèlerinage particulier en ce sens que seuls des pères de familles s’y retrouvent pour une marche de deux jours, d’Aix-en-Provence à Cotignac, lieu d’apparitions de la Sainte famille.

Or donc, aux premiers jours de juillet cette année-là, j’avais accompagné mon époux à l’aube et même un peu plus tôt, au point de ralliement dudit pèlerinage. Ces grands départs sont partout les mêmes, qu’ils soient pour le désert ou pour la plaine, toujours dans cette même ambiance de fraternité joyeuse ou grave, où chacun se reconnait de suite du même clan.

J’entendais bien rester aux côtés de mon époux jusqu’à Cotignac… mais j’essuyais immédiatement plusieurs refus : « marche trop dure pour une femme », « pèlerinage exclusivement masculin », etc. Je n’insistais donc pas, comprenant de suite que me targuer de mon expérience de goumière ne servirait à rien.

Déçue, je proposais alors à mon fils Alexandre qui s’apprêtait à rejoindre ses scouts au Puy-en-Velay, en vue d’une route vers Saint-Jacques-de-Compostelle, de le conduire au lieu de rendez-vous. Là-bas, l’ambiance était la même, avec un zeste de chahut en plus et une pincée de gravité en moins.

Ma nostalgie redoublant, je ne sus m’empêcher de m’apitoyer sur moi-même auprès de leur aumônier, le Père Stéphane Marie. Il eut la charité d’écouter les doléances de celle qui, après avoir conduit pour l’aventure son mari à l’aube et son fils au crépuscule, se résignait mal à rentrer au logis. « Eh bien », me lança-t-il en souriant happé par sa troupe qui piaffait d’impatience, « lancez-en un vous même… avec des mères de famille ! »

La route du retour me sembla courte. L’idée germait, et deux jours plus tard, lorsque je retrouvais mon époux à Notre-Dame de Grâces, la décision était prise. J’en parlais longuement avec le Père Marie Benoit, insistant surtout sur un point : la présence d’un prêtre. En effet, l’époque était telle que bien des femmes se découvraient « théologiennes », et je voulais absolument une autorité en la matière, afin d’éviter toutes discutions et tensions stériles. Le père Marie Benoit me demanda alors qui je voyais pour cela. Qui ? Mais voyons, celui qui m’en avait lancé le défi.

Cher Père Stéphane Marie, quand les kilomètres s’ajoutaient aux kilomètres, quand sa guitare se faisait lourde à force d’accompagner les rosaires le long des chemins, je me demande si sa pensée le ramenait vers le soir où nous nous sommes rencontrés au pied de Notre-Dame du Puy. Que de chemin il a fait faire à mes marcheuses, au sens propre comme au figuré !

Par ailleurs, je côtoyais dans les goums nombre de jeunes complètement incultes en matière religieuse, et je pensais : où mieux que dans leur famille auraient-ils dû recevoir une formation solide ? En formant mieux les mères, n’avions-nous pas là un moyen de mieux former les enfants ? Ainsi, naquit l’idée d’un pèlerinage-retraite itinérant en pleine nature, durant trois jours, loin de toute agglomération.

Le printemps qui suivit fut employé, semaine après semaine, à tracer un itinéraire boussole et carte en mains, à obtenir les autorisations de marcher et de bivouaquer sur des propriétés privées, à trouver des points d’eau, etc. Renouant avec les vieilles traditions, le pèlerinage se ferait à pied, repas tiré du sac et couchant à la belle étoile, utilisant de vieux sentiers muletiers, parfois cachés sous la végétation et oubliés, connus seulement des animaux dont nous suivions la trace.

À la mi-juin 1987, le premier pèlerinage des mères de famille partit de la petite église de Vauvenargues (Bouches-du-Rhône), dernière paroisse de notre diocèse, vers Notre-Dame de Grâces, chantant et méditant le Rosaire, des litanies et cantiques tout au long du chemin. La présence du Père permettait des célébrations eucharistiques si soignées et recueillies dans l’oasis silencieuse de la forêt, un sacrement de réconciliation moins facile à instaurer, et deux ans plus tard, le besoin s’en faisant sentir tout naturellement, une nuit d’adoration. Que de joies, que de rires, quelle jeunesse durant ces quelques heures, où ces femmes mère de famille se rencontraient et se laissaient conduire, confiantes et abandonnées à travers un paysage complètement inconnu.

La première année, nous fûmes sept. L’année suivante 13, puis 40. Très vite, Monseigneur Maurice Plano vint nous bénir fidèlement chaque année au départ. Plus tard, le 11 mai 1989, Sa Sainteté Jean-Paul II nous accordera de « tout son cœur, sa bénédiction apostolique, comme gage de grâces divines ».

Il est des moments si émouvants dans ce pèlerinage. Celui du tête-à-tête avec le Seigneur, la nuit à la clarté des étoiles, celui des larmes après la confession en marchant à côté du Père, celui des grands silences et des soirs paisibles face à l’immensité du ciel, quand après la prière, la guitare égrène ses dernières notes et que les pensées volent vers ceux qui sont restés derrière…

Puis c’est le dernier réveil à 5 heures avec devant nous, les Bessillons, le petit pour la dernière grimpette et le grand dont le chemin festonne toute la descente vers saint Joseph à qui nous avons confié les nôtres au départ. C’est là que plus tard tous les groupes qui sont nés de ce premier pèlerinage et cheminent à travers la Provence se retrouveront pour marcher en silence vers Notre-Dame.

Un guetteur discret prévient de notre approche et les cloches sonnent à toute volée. Lorsque le clocher du sanctuaire apparaît dans une trouée au milieu des pins, c’est genoux à terre que les mères alors rendent grâce d’être allées jusqu’au bout. Les larmes silencieuses coulent sur les visages fatigués et heureux. Autre tradition, un nombre de roses égal à celui des marcheuses à été commandé, c’est un peu plus loin que chacune recevra la sienne pour aller la déposer au pied de Marie.

Quelques minutes encore et c’est l’arrivée sur l’esplanade. Nous étions sept la première année à retrouver notre époux, et déjà que d’enfants, que de cris de joie, d’envolées de jupes fleuries, de petits mollets ronds qui accouraient vers nous pour retrouver chacun « sa maman », les plus grands impressionnés auprès de leur père, lequel parfois tient dans ses bras le dernier né, lui donnant le biberon ou rajustant une couche. Et c’est ensemble que nous entrons au sanctuaire et allons consacrer notre famille à Notre-Dame de Grâces.

C’était il y a trente ans… »

Monique LOUZE,
initiatrice du pèlerinage des mères de Cotignac

Présentation du pèlerinage aujourd’hui

« Depuis sa création, le pèlerinage des mères de famille a lieu tous les ans vers la mi-juin. Des centaines de femmes s’élancent dans la belle colline de Provence, afin de se rendre à Saint-Joseph du Bessillon pour confier leurs enfants, leur mari et leur famille à la Sainte Famille. Puis elles cheminent vers Notre-Dame de Grâces à Cotignac, afin d’assister à la grand-messe solennelle qui clôture ce pèlerinage. Il s’agit là d’un moment très particulier dans la vie de famille de ces femmes, où tout est mis entre parenthèses pour s’occuper spirituellement des siens. L’ambiance très féminine y est chaleureuse, émouvante, priante, gaie, chantante… Les joies et les soucis ne sont pas oubliés, mais partagés, confiés à Marie qui porte tout, dans une charité fraternelle très touchante. Une multitude de groupes aussi divers les uns que les autres, accompagnés de prêtres et de religieuses s’avance confiant, et ainsi témoigne de l’Église en marche, de l’Église universelle dans la grande tradition des pèlerinages. »

Bref historique de Cotignac

« À Cotignac, Jésus, Marie et Joseph sont apparus marquant ainsi d’une manière unique la terre de Provence.

Sur le mont Verdaille, le 10 août 1519, la Vierge Marie portant Jésus Enfant, apparaît à un bûcheron et lui communique le message suivant : « Je suis la Vierge Marie. Allez dire au clergé et aux consuls de Cotignac de me bâtir ici même une église, sous le vocable de Notre-Dame de Grâces ; qu’on y vienne en procession pour recevoir les dons que je veux y répandre. » Ce qui fut fait. La renommée du pèlerinage grandit très vite.

Puis le 7 juin 1660 sur la colline qui prolonge à l’Ouest le sanctuaire, saint Joseph apparaissait à un berger assoiffé. Il lui dit : « Je suis Joseph, soulève cette pierre et tu boiras. » La pierre est lourde. Il ne bouge pas. Mais saint Joseph réitère son ordre. Le berger obéit déplace le rocher, et découvre une eau fraîche qui commence à ruisseler. Il boit. Depuis une source coule, une chapelle y fut construite.

C’est ainsi qu’est née et que s’est développée au cours des siècles la vocation spécifique de Cotignac, devenue terre d’accueil des familles. Les deux sanctuaires ont retrouvé un nouveau rayonnement depuis quelques années :

  • le sanctuaire de Notre-Dame de Grâces avec l’arrivée des Frères de la communauté Saint-Jean ;
  • le sanctuaire de Saint-Joseph abandonné depuis fort longtemps est devenu un lieu de contemplation avec l’arrivée des Bénédictines de Médéa qui l’ont restauré et l’ont rendu à sa vocation. »
Sources documentaires
  • Michaud Jean-Marie, d’Arras Antoine, Sur les chemins de Cotignac, BD, Éditions du Triomphe, 2015.
Sites sources à consulter

pélé des mères Cotignac

Notre Dame de Grâces

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