Notre-Dame de Bethléem à Ferrières-en-Gâtinais

lundi 29 juin 2015
par  Jean-François
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Pèlerinage à Notre-Dame de Bethléem à Ferrières-en-Gâtinais (Loiret) « Ici, c’est vraiment Bethléem ! »



Chaque lundi de Pentecôte et chaque 8 septembre

La construction au 5e siècle d’un sanctuaire à Ferrières a pour origine une apparition de l’Enfant Jésus dans la crèche, porté par la sainte Vierge Marie, avec à ses côtés saint Joseph. Cette si belle apparition eut lieu au moment de la vigile de Noël, alors que trois moines, Altin, Savinien et Potentien, étaient venus évangéliser les habitants de cette région de l’Orléanais, près de Montargis.

Saisi par cette apparition miraculeuse, venue conforter leurs propos évangélisateurs, l’un d’eux, Savinien, s’écria : « c’est ici un nouveau Béthléem ! ». Ce fait miraculeux fut mentionné dans une charte de Clovis (465-511), et dans un livre écrit par Loup, abbé de Ferrières, en 850. Le pape Grégoire XV le consacra dans une bulle de 1622.

La chapelle dédiée à Notre-Dame devint rapidement un lieu de pèlerinages, de conversions nombreuses. Tragiquement détruite par les Huns d’Attila, avec près de 400 fidèles venus se réfugier en ses murs, l’église fut reconstruite sous l’impulsion de Clovis, avant même sa conversion et son baptême. Le sanctuaire Notre-Dame de Bethléem, très aimé de la reine Clotilde, l’épouse de Clovis, fut reconstruit et agrandi sous la dynastie mérovingienne. Son rayonnement fut tel que deux rois carolingiens, Louis III et Carloman, y furent même ensuite couronnés. Une seconde église, ayant rang de basilique, dédiée aux apôtres Pierre et Paul y fut consacrée en 1163 par le pape Alexandre III.

De plus l’abbaye jouxtant les églises Notre-Dame et Saint-Pierre-Saint Paul, devint elle-même particulièrement un centre d’études particulièrement important et renommé, au point d’avoir été qualifié de « nouvelle Athènes ». Le moine Alcuin, conseiller de Charlemagne, futur abbé de Saint-Martin de Tours, en fut originaire. Cette abbaye connut ainsi un grand rayonnement, du IXe au XVe siècle.
Les anglais, lors de la guerre de Cent Ans, brûla l’abbaye et les sanctuaires.

Difficilement reconstruits, les huguenots vinrent à leur tour apporter leurs lots de destructions. Ayant malgré tout survécu à tant de fureur barbare, ce fut entre 1810 et 1830, après la vente des lieux comme « biens nationaux », que l’abbaye fut entièrement démolie. Il reste fort heureusement les deux églises, Saint-Pierre et Paul, devenue église paroissiale, et Notre-Dame de Bethléem.

L’église Notre-Dame de Bethléem est un des « sanctuaires à répit » existant en France ; à proximité existait un cimetière des enfants morts-nés.

Des nocturnes sont programmées chaque été par la municipalité, retraçant la vie aux temps florissants de Ferrières, avec notamment un pèlerinage du Moyen Âge en costumes d’époque.

Des pèlerinages y ont lieu chaque année, notamment pour le 8 septembre, fête de la Nativité de Marie.

Locataires occasionnels de l’abbaye : les sœurs de Saint-Paul de Chartres

« Les religieuses de la congrégation de saint Paul de Chartres sont arrivées à Ferrières en 1844 à la demande de Mr Lemesle. Il venait de racheter les bâtiments conventuels et souhaitait y installer une école de jeunes filles, les garçons pouvant, alors, recevoir un enseignement au presbytère. Les deux premières religieuses, qui furent suivies de beaucoup d’autres, ont été les sœurs Adèle Vallée et Françoise Marquis. Cependant, suite à des difficultés financières, le généreux donataire a dû reprendre les locaux. A la demande de Mgr Dupanloup, les sœurs n’ont pas quitté le village ; elles ont acheté une maison rue Saint-Mathurin (actuelle rue Fonteine-Bourgoin). En 1863, survint un fait exceptionnel : suite à la démission de l’institutrice de l’école communale, le conseil municipal à l’unanimité, confia cette école aux religieuses. Le secrétaire de la mairie a même noté dans la marge du registre des délibérations : par un second vote l’unanimité s’est également constatée. A leur activité d’enseignantes, les sœurs ajoutèrent, en 1873, la visite des malades à domicile. Elles furent également chargées de la cuisine de l’infirmerie et de la lingerie, dans le petit séminaire qui fonctionna dans l’abbaye de 1875 à 1882.
En 1903 les lois anti-religieuses les expulsèrent de leur école. Mais très vite Madame veuve Duchesne loua l’abbaye à la commune et elles y recréèrent leur école. Au cours de l’année 1909, la municipalité mit fin au bail, pour récupérer les locaux.
En 1944, une jeune religieuse, Marie Thérèse Leroy, fut envoyée pour relancer officiellement l’école, rue des Fossés, dont mademoiselle Couesnon avait assuré la maintenance. En 1954, un pensionnat fut installé dans l’ancienne maison de la rue Fonteine -Bourgoin, puis petit à petit, les élèves sont accueillies jusqu’en classe de troisième. En annexe de l’enseignement général une école ménagère fut ouverte de 1956 à 1974. Depuis 1987, les classes de collège sont définitivement abandonnées au profit du lycée Saint-Louis à Montargis. Aujourd’hui l’internat a été fermé depuis 1999 et l’école est mixte depuis 1971. »

source :

Ferrières en Gâtinais bâtiment conventuel

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